Profiter de la vie — au fil des plantes et des saisons
Mon jardin est niché à Yerres, dans l'Essonne, à moins de cinq minutes à pied de la gare RER D. Ce jardin privé de près de 500 m² abrite l'une des collections végétales les plus denses d'Île-de-France, avec un ratio de 0,6 variété par m² — là où les jardins spécialisés oscillent entre 0,10 et 0,3 variété par m², et où le Jardin des Plantes de Paris n'atteint que 0,043. Une densité qui dit beaucoup de l'attachement qui se cache derrière chaque étiquette.
Il se veut comme une succession de pièces dans une maison : des ambiances et des usages différents, mais un fil conducteur qui traverse chaque espace. On y trouve un bassin baroque d'inspiration italienne, où le mascaron crachant l'eau dans un bénitier de pierre n'est autre que celui que l'on peut admirer au parc de Sceaux — une œuvre de Rodin. Une serre en acier y joue plusieurs rôles : atelier de boutures et de semis généreusement offerts aux amis de passage, salon abrité quand les températures fraîchissent, et refuge hivernal pour les plantes en voie d'acclimatation. Les allées de dalles calcaires soulignent les axes du jardin ; la ferronnerie ouvragée — portillon, grilles, tonnelles — ponctue chaque espace de sa présence discrète mais affirmée.
Plus de 300 espèces référencées pour ce demi-siècle d'existence, toutes étiquetées sur ardoise avec leur nom latin calligraphié. Des raretés comme Anigozanthos flavidus, Gunnera manicata, Brunfelsia uniflora ou Mandragora officinarum côtoient des vivaces, des graminées, des arbustes et des arbres de collectionneurs — dans un jardin paysager voulu cohérent, et pas seulement collectionneur. Il offre plusieurs lectures : une lecture esthétique et graphique, capable de séduire douze mois sur douze ; une lecture botanique, pour faire découvrir des plantes hors du commun glanées dans les fêtes des plantes ; et une lecture plus symbolique, plus intime.
Cultivé sans pesticides depuis 1976, ce jardin est devenu un véritable refuge de biodiversité. Il n'est pas rare d'y croiser un hérisson au crépuscule, ou d'y entendre plusieurs espèces d'oiseaux — dont certains viennent y nicher, attirés par cette densité végétale qui leur offre abri et nourriture. Le jardin évolue au fil des saisons, des découvertes, et des acquisitions en pépinières spécialisées.




60 photos · Toutes les ambiances du jardin au fil des saisons
Floraisons, nouveautés botaniques, coulisses de la collection et instants de nature pure à Yerres — un jardin vivant qui se raconte en images.
Toute la collection · Fiches botaniques · QR codes · Rareté en Île-de-France